26 Mars 2018........ Courriers adressés par Mme la Députée, suite à la manifestation

Le 26 Mars 2018

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Décharge du Castellet - La manifestation du 16 Mars

Manifestation



Depuis 30 ans des camions déversent quotidiennement leurs déchets du BTP sur des terres agricoles au Castellet, dans le Var. Ce vendredi 16 mars, des viticulteurs et des riverains se sont mobilisés pour dire leur ras-le-bol face à cette décharge illégale gigantesque.

 

Par Laurent Verdi Publié le 16/03/2018 à 17:29

   La décharge illégale est immense, plantée au milieu des vignes. C'est un incroyable tas de remblais entassés sur plusieurs mètres de hauteurs.

Elle est constituée pour l'essentiel des déchets issus du bâtiment et des travaux publics.

 

     Une terre perdue

 

      Les viticulteurs ne sont pas les seuls lésés, les riverains aussi manifestent. Depuis 30 ans, ils voient défiler quotidiennement sous leurs fenêtres des dizaines de camions.


  17/03/2018     Extrait de TV-83

 

Après les affaires du SITTOMAT où un rapport définitif de la Chambre régionale des Comptes a mis au jour des faits délictueux et l’attribution d’un marché a donné lieu à une dizaine d’interpellations le 16 novembre 2016, après un rapport définitif de la Chambre régionale des Comptes où l’univers des déchets dans le Var apparait pour le moins trouble avec une situation quasi monopolistique, après l’épineux dossier du Balançan, c’est au tour d’une décharge au Castellet de prendre la lumière. Malheureusement, ce dossier n’a rien de nouveau puisque ce site est classé comme étant illégal par la Préfecture du Var depuis … Février 1991.

 

Indépendamment de la nature inconnue des matériaux qui sont acheminés sur son site, indépendamment de l’absence de pesée à l’entrée du site, indépendamment de l’absence de contrôles règlementaires et de géo-membranes isolantes pour protéger les nappes phréatiques, cette décharge n’a aucun agrément aux dires de la Députée du Var elle même. De surcroît le site empiète sur un territoire agricole d’appellation Bandol et sur la propriété du Conseil départemental.

 

Cela provoque une circulation importante de l’ordre de 100 passages par jour de camions de gros tonnages : 40 tonnes, sur une route totalement inadaptée. De nombreux témoignages de riverains nous font part de leur peur d’emprunter cette voie, mais ils ne peuvent faire autrement étant la seule qui les dessert. La dangerosité est importante du fait de vitesses excessives des véhicules et en particulier des poids lourds sur cette route départementale sinueuse, étroite, non matérialisée et non limitée en vitesse. L’association Arcadière attire l’attention sur le fait que même s’il n’y avait plus de poids lourd, cette départementale présenterait encore une certaine dangerosité sans mesures appropriées.

 

L’association Arcadière demande aussi, bien entendu, d’arrêter cette exploitation de décharge au Castellet puisque celle-ci n’a pas d’autorisation ce qui résoudrait en grande partie le problème de dangerosité soulevé.

 

Vendredi matin de nombreux varois étaient sur place pour attirer l’attention des pouvoirs publics. De nombreux gendarmes étaient sur place pour éviter tous débordements et pour prendre en photo les manifestants. Par contre pour faire fermer une décharge illégale, les varoises et les varois attendent depuis 33 ans.

 

Nous sommes donc en droit de nous demander comment cela se fait-il ? Qui a intérêt à ce que ce dossier traine en longueur à ce point? 1 million de tonnes de déchets déposés illégalement depuis 1991 sur 200 000 mètres carrés … ça ne passe pas inaperçu. Quels sont les rouages qui permettent une telle impunité ? Sont-ils des cas isolés ou un système mis en place au modèle de ce qui se passe en Italie par des décideurs qui y trouvent intérêt ?

 

Comme dans le dossier du SITTOMAT, comme dans le dossier du SMIDDEV … puisque des faits délictueux sont prouvés par la Chambre régionale des Comptes et par la préfecture du Var elle même, il est étonnant que les Préfets successifs, que les Procureurs de la République successifs n’aient jamais trouvé utile de transmettre ces dossiers à la justice. En ne le faisant pas, les autorités laissent croire que dans le département du Var, l’État sait être fort avec les faibles et faibles avec les forts.

 Saluons au passage le courage de la Députée du Var Madame Valérie Gomez-Bassac qui était vendredi matin aux côtés des manifestants. Le moins que l’on puisse dire c’est que dans l’entrevue qu’elle nous a accordé … elle ne mâche pas ses mots.

 Espérons ainsi que l’actuel Préfet du Var Monsieur Jean-Luc Videlaine et l’actuel Procureur de la République Monsieur Bernard Marchal sauront entendre, sans attendre encore trente ans, l’exaspération des simples citoyens dans les dossiers du SITTL

   Laurent di Gennaro

Var-matin du 17/03/2018

Ce vendredi matin, une vingtaine de viticulteurs ont manifesté avec leur tracteur lors d’une opération escargot sur la petite route départementale 87, au Castellet.

Objectif: dénoncer ce qu’ils estiment être "une décharge illégale" située sur le territoire de la commune.

"Ca fait trente ans qu’un propriétaire peu scrupuleux, entasse des déchets inertes sur ses terres agricoles", a expliqué Guillaume Tari, président de l’association des Vins de Bandol.

"On a dû se battre pour déclasser ses vignes de l’AOC (La Capucine, ndlr). Aujourd’hui, on ne peut plus accepter de voir ainsi salir la réputation d’une des plus vieilles appellations de France. On a alerté la préfecture, la mairie de La Cadière et comme rien ne se passe, on s’est cette fois décidé à agir."

Ils n’étaient pas les seuls. Plusieurs dizaines d’habitants du secteur et adhérents d’une poignée d’associations du Castellet et de La Cadière avaient aussi décidé de manifester devant l’entrée de la propriété.

 

 "On a compté environ 100 camions par jour qui empruntent cette route qui n’est pas marquée et très sinueuse" a ajouté Marcel Simon, président de l’association Arcade.

"C’est excessivement dangereux et les gens, ici, en ont ras-le-bol."

 

Certains élus aussi avaient fait le déplacement. Erik Tamburi (opp. Six-Fours), Edouard Friedler (opp. Beausset) et surtout la députée de la 6ème circonscription du Var, Valérie Gomez-Bassac laquelle n’a pas mâché ses mots:

 

"Les déchets dans le Var, c’est un de mes combats. Là, j’espère que ma présence va faire accélérer les choses. Car je connais bien le sujet et, malgré mes demandes, on ne m’a apporté aucun document qui aurait permis de dire que cette décharge est légale, comme le prétend le propriétaire."

Et de conclure: "Aujourd’hui, je note que des déchets inertes du BTP sont déposés sur des terres agricoles, certaines offertes par le département, et que les pouvoirs publics n’ont pas bougé le petit doigt. Je vais de suite alerter le ministère des Finances et celui de l’Environnement."

Malgré nos actions auprès de la préfecture et de toutes les collectivités locales, l’activité de la décharge du Castellet n’a toujours pas cessé, elle reçoit encore plusieurs poids lourds par jour qui viennent déverser leurs chargements hétéroclites.

 

 Les recours à la loi que Monsieur le Préfet et Madame le Maire du Castellet ont pris pour la tranquillité, la bonne sécurité des riverains et la protection de l’environnement ne sont encore et toujours pas à ce jour (11 mars 2018) suivis d’effets, alors que le recours de l’exploitant se terminait le 25 décembre 2017.

 D’autre part , le conseil départemental du Var qui aurait dû se saisir de cette affaire depuis longtemps fait preuve d’un silence assourdissant. Avec nos amis des vins de Bandol, notre députée de la 6 ème circonscription et d'autres élus, nous manifesterons tous ensemble contre cette illégalité qui dure depuis trop longtemps, qui pollue le territoire et rend encore plus dangereuse la départementale 87.